La télémédecine : Un avant et un après Covid-19

29 juin 2021
Santé

Les premiers cas de Covid-19 ont été recensés en France en Janvier 2020. Après un an et demi, et trois confinements, les Français ont dû adapter leur quotidien et changer leurs habitudes pour faire face à cette épidémie.

Le domaine médical a dû lui aussi s’adapter et trouver des solutions rapidement pour pouvoir prendre en charge une masse de patients supplémentaire. 

Dans ce contexte d’urgence sanitaire, la télémédecine (sujet clé du programme Ma santé 2022) a ainsi pu se développer et se faire connaître du grand public très rapidement.

La télémédecine, qu'est-ce que c’est ? 

La télémédecine est une pratique médicale à distance utilisant les technologies de l’information et de la communication. Elle permet de répondre à des défis tels que le vieillissement de la population, le suivi des maladies chroniques, l’amélioration de l’accès aux soins (en particulier dans les zones fragiles) et l’amélioration de l’efficience et de l’organisation des soins. 

Elle est constituée de 4 grandes pratiques : 

Téléconsultation

La téléconsultation est sans doute la pratique qui s’est le plus développée ces derniers mois. Elle permet aux professionnels médicaux de donner une consultation à distance aux patients. Elle s’est avérée essentielle en temps de pandémie pour éviter de contaminer le personnel de santé et surcharger les salles d'attente.

Pour le patient, la téléconsultation peut s’effectuer :

 

Depuis chez soi grâce aux solutions proposées par Doctolib ou QARE, startup française qui se donne pour objectif de faciliter l’accès au soin en déployant une plateforme de consultation en ligne, des cabines de téléconsultation, des objets connectés médicaux (stéthoscopes, otoscopes) etc. Qare a récemment été racheté par HealthHero, son homologue anglais (voir dans les sources pour plus d’informations)
Depuis une cabine de téléconsultation située dans les pharmacies, proposée notamment par MEDADOM, TESSAN etc. En plus d’avoir accès à une consultation en visio avec un médecin, les cabines de téléconsultation mettent à disposition des dispositifs médicaux et instruments de mesure qui peuvent être utilisés directement par le patient ou avec l’assistance d’une infirmière ou d’un pharmacien. Les constantes et autres mesures sont transmises directement au médecin.

Téléexpertise

La téléexpertise permet au personnel de santé de solliciter à distance un confrère plus expérimenté ou avec des compétences plus spécifiques pour avoir un avis, une aide, un diagnostic concernant un patient. Les informations du patient sont transmises via une messagerie sécurisée de santé ou une plateforme de partage sécurisée.

IMADIS est un bon exemple de ce qui peut être proposé en téléexpertise. Afin de réduire les inégalités d’accès au soin, ce cabinet de prestation propose aux hôpitaux d’interpréter à distance les scanners, IRM ou radios réalisés en urgence.

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Téléassistance

La téléassistance permet aux professionnels médicaux d’être assisté à distance par un autre professionnel de santé lors de la réalisation d’un acte médical.

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Télésurveillance

La télésurveillance a pour objectif de permettre au personnel de santé d’avoir un suivi régulier des données médicales des patients sensibles (maladies chroniques, personnes âgées etc.). Ce suivi est possible notamment grâce aux déploiements chez le patient de l’IoMT (objets connectés médicaux).

Avantages et inconvénients 

Si la télémédecine a autant fait parler d’elle ces derniers mois, il ne faut pas perdre de vue qu’elle comporte également des inconvénients. En plus des limites techniques qui peuvent survenir, on constate que le manque de contact humain entre le praticien et le patient provoque parfois une analyse moins complète que lors d’une consultation physique et peut également provoquer de l’anxiété chez le patient.

La question de la protection des données personnelles de santé a également fait débat ces dernières années et est un risque à anticiper pour le développement de la télémédecine. En revanche, elle permet chaque jour d’aider les patients ayant difficilement accès aux soins et évite la surcharge dans les hôpitaux en temps de crise. Cet outil s’est avéré efficace et s’inscrit parfaitement dans les objectifs d’amélioration du parcours patient pour 2022. Il faut cependant garder à l’esprit que la télémédecine doit être complémentaire à un suivi en physique des professionnels de santé pour être efficace.

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Le futur de la télémédecine

La COVID-19 a grandement accéléré l’utilisation de la télémédecine en France et dans le monde.

En France, 2020 marque une augmentation fulgurante des actes effectués à distance. On compte par exemple +150% d’inscriptions sur Medaviz, une demande de téléconsultation multipliée par 18 sur Doctolib et pas moins de 17 millions de téléconsultations entre mi-mars et fin novembre 2020.

D’après les dernières études, l’explosion de la télémédecine ne semble pas être prête à se stopper après la pandémie. En effet, d’après un article publié par Sykes, 65% des américains sondés avaient des doutes concernant la qualité des téléconsultations. Aujourd’hui plus de 87% souhaitent continuer à utiliser la télémédecine pour les consultations non-urgentes après la pandémie. 

En France, tous les compteurs sont au vert également. En effet, d’après le dernier rapport d’Odexa pour l’ANS (Agence Numérique de Santé), 48% des personnes interrogées  souhaitent un jour avoir recours à la télémédecine. Pour les personnes ayant déjà essayé la téléconsultation, le taux de satisfaction est très élevé, avec 80% de satisfaits en Europe et pas moins 88% de satisfaits en France.

La pandémie a boosté le développement de projets innovants autour de ce domaine qui pourrait valoir jusqu'à 185 milliards de dollars en 2026. 

L’aspect le plus important conditionnant le succès de la télésanté est l’approbation des patients. Étant donné que la plupart d’entre eux sont prêts à adopter cette méthode (70% des français de façon régulière si leur médecin leur conseillait), il est clair que l’industrie de la télémédecine a de beaux jours devant elle.

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Isabelle DUBACQ
Isabelle DUBACQ
Directrice d’Unité, Directrice de l'Expertise Santé

Convaincu que le numérique peut aider les organisations et les Hommes à mieux gérer notre santé, mc2i a construit une solide expertise des problématiques rencontrées par les différents acteurs de l’écosystème santé et les accompagne sur le pilotage des systèmes de santé, les offres de soins, la sécurité sanitaire et la santé au travail.

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